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Communion : ce qu’on peut préparer pour l’enfant

4 min de lecturepar Alex

Au repas de communion, Jules, 9 ans, en aube blanche, rougit pendant que sa marraine lit un mot et que la famille rit

Une communion se prépare pour l’enfant avec des mots écrits par sa famille, à lui directement, lus au repas et gardés pour l’adolescent qu’il deviendra.

Que retient un enfant de sa communion ?

Demandez à un adulte ce qu’il garde de sa communion : souvent l’aube, un détail du repas, et parfois une chose qu’un adulte lui a dite ce jour-là. Une phrase, venue d’une personne qu’il ne voyait pas souvent, et qui lui est restée. Le nombre d’invités, le menu, les cadeaux se mélangent parfois avec les années ; une phrase, elle, peut rester.

C’est ce qu’on peut préparer pour l’enfant, en plus du repas et des invitations : des mots, écrits par les siens, à lui directement. Lus en partie au repas, gardés pour plus tard.

Que demander à la famille ?

Des mots plutôt que des cadeaux, ou en plus des cadeaux. Le message part trois semaines avant, à signer du prénom des parents :

Bonjour ! La communion de Jules a lieu le 24 mai. En plus de venir, on aimerait que vous lui laissiez quelques mots.
Écrivez-lui directement : ce que vous lui souhaitez, ou quelque chose que vous aimeriez qu’il sache. Il ne les lira peut-être pas tout de suite, mais il les gardera.
Avant le 17 mai, par écrit ou en vidéo, avec ce lien, pour qu’on puisse tout rassembler.

Le « il ne les lira peut-être pas tout de suite » libère les gens : il leur permet d’écrire pour l’adolescent qu’il sera, et c’est là que les textes deviennent personnels. Et le « quelque chose que vous aimeriez qu’il sache » appelle les histoires de famille, celles qu’on ne raconte pas à table.

À qui demander en premier ?

  • Aux parrains et marraines : c’est le moment de leur rôle, et une demande précise leur donne quelque chose à faire ; quel rôle donner au parrain et à la marraine en dit plus.
  • Aux grands-parents et arrière-grands-parents, surtout ceux qui vivent loin ou qui ne se déplacent plus.
  • Aux frères et sœurs, même petits : une phrase d’un frère de 7 ans, dictée à un parent, a sa place à côté des textes des adultes.
  • À ceux qui ne peuvent pas venir, et qui apprécient qu’on leur demande.

Comment se passe le repas ?

À la communion de Jules, le repas avait lieu chez ses grands-parents, sous la tonnelle. Entre le plat et le dessert, sa marraine s’est levée et a lu trois mots, courts : le sien, celui de l’arrière-grand-mère, qui racontait sa propre communion en 1952 et la robe prêtée par une cousine, et celui de son frère de 7 ans, « Jules il est fort au foot et il me prête ses cartes », qui a fait rire toute la table. Jules a rougi, a souri, et a demandé à sa marraine s’il pourrait lire les autres « après ». Il les a lus le soir, dans sa chambre, et il en a gardé un dans son tiroir.

Lire deux ou trois mots au repas suffit : ce n’est pas une séance, c’est une façon de dire à l’enfant que ces mots existent et que les gens autour de la table ont pensé à lui. Le reste l’attend, et il saura où le trouver. Gardez le repas à sa mesure : pour un enfant de 10 ans, une après-midi longue se vit mieux avec un moment à lui, un jeu avec les cousins, ou le choix du dessert.

Que faire des mots après la communion ?

Les garder au même endroit, et décider tout de suite où. Beaucoup de familles redonnent ces messages à l’enfant vers 15 ou 16 ans, quand il est en âge de les lire vraiment ; d’autres les ajoutent à ceux du baptême, pour faire une suite. Faire participer la famille éloignée à un baptême décrit la première pierre de cette suite, et la communion en est la deuxième.

Si la famille n’est pas croyante, rien ne change : on peut écrire à un enfant sans parler de foi, ce qu’on lui souhaite, ce qu’on admire chez lui, un souvenir. Le cadre religieux est l’occasion, pas le sujet obligé.

Questions fréquentes

Quand redonner ces messages à l’enfant ?

Vers 15 ou 16 ans, plutôt qu’à 10. À 10 ans, il les regardera poliment ; à 16, il les lira vraiment, et il y cherchera ce qu’on pensait de lui.

Faut-il faire la même chose pour une profession de foi ou une confirmation ?

Oui, et l’adolescent peut même répondre : à 13 ou 15 ans, il est en âge de comprendre ce qu’on lui écrit, et d’écrire à son tour à ses grands-parents.

Que faire si les messages parlent de religion plus que de l’enfant ?

Les garder tels quels, et en demander un autre, plus personnel, à la même personne : « et une chose sur Jules lui-même ? ». Les deux se complètent ; c’est le second que l’enfant relira.

Combien de messages faut-il pour une communion ?

Une dizaine, avec les personnes qui comptent pour lui : parrain, marraine, grands-parents, frères et sœurs, et deux ou trois proches qui vivent loin. Ce n’est pas le nombre qui fait le souvenir.